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Plan-de-Baix

Un village à 727 mètres sous un rocher tabulaire coiffé d'une croix de fer, au-dessus des gorges de la Gervanne. On y monte pour le Vellan et son oppidum, on en descend pour la chute de la Druise, 72 mètres au fond des gorges, et on y revient le vendredi pour le marché.

Mis à jour le

Plan-de-Baix est un balcon. Le village occupe un replat au pied du rocher du Vellan et au-dessus des gorges de la Gervanne, et ce qu'on vient y chercher se répartit sur trois étages, le plateau du Vellan et son oppidum vers 950 mètres, le village et son château vers 700, et la chute de la Druise au fond des gorges, à 467. Il faut monter, puis descendre, et compter une bonne demi-journée.

  • 72 mde hauteur pour la chute de la Druise
  • 230 mde dénivelé du village à la croix du Vellan
  • 1790l'année où le village devient chef-lieu de canton
  • Vendredile marché de producteurs, de 9h à 12h
Le rocher du Vellan et sa croix au-dessus du village de Plan-de-Baix, prairies de fauche au premier plan
Le rocher du Vellan et, tout en haut à droite, la croix de fer qui marque son sommet. Le village est à son pied, et le premier plan dit le reste, des prairies de fauche à 727 mètres. Photo Berrucomons, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Le rocher du Vellan et sa croix de fer

C'est l'emblème de la commune et sa promenade. Le Vellan est un rocher tabulaire qui domine le village, repère majeur de la retombée méridionale du Vercors, et son sommet porte une croix de fer de onze mètres, dressée en 1934 à la place d'une croix de bois du 19e siècle, visible de toute la vallée. Le repère géodésique que l'IGN a posé au centre de la croix donne 959 mètres. Depuis le village, à 727, la montée fait un peu plus de deux cent vingt mètres de dénivelé. Le GR 9 traverse le centre du bourg, et le tour de pays de la Gervanne passe par la commune.

Le plateau ne doit pas sa fréquentation qu'à la vue. Il porte les vestiges d'un oppidum gaulois, attribué aux Vertamocores, la tribu qui a donné son nom au Vercors, puis, au Moyen Âge, ceux d'un château fort et d'un prieuré qui commandaient la vallée. Des morceaux du rempart et du fossé sont encore apparents. Le lieu-dit Baix, attesté dès 1178, désigne d'ailleurs sur le cadastre le hameau castral du Vellan, et non le village actuel. Le bourg d'aujourd'hui est descendu.

La table d'orientation à côté de la croix

Elle transforme un point de vue en leçon de géographie. Sur ce rebord occidental du Vercors, on voit à la fois la vallée de la Gervanne, le plateau d'Ambel, les hauts plateaux, le Diois, les Trois Becs et, par temps clair, la plaine de Valence.

Gravure du 19e siècle montrant le rocher du Vellan, le village et un chemin muletier
« Le Velan et Plan-de-Baix, vus des sources du Ruïdoux », gravure de Karl Girardet publiée dans Le Tour du monde. Cavaliers sur le chemin, résurgence au premier plan, le rocher et le village au fond. La scène n'a pas beaucoup changé, sauf la route. Domaine public, via Wikimedia Commons.

La chute de la Druise se gagne à pied

La chute de la Druise est la cascade de la Gervanne à la sortie des gorges d'Omblèze. Elle fait 72 mètres, l'une des plus hautes du sud du Vercors, et elle se situe exactement sur la limite entre Plan-de-Baix et Omblèze. Elle appartient aux deux.

Trente minutes de marche et deux cent soixante mètres plus bas

L'accès se fait uniquement à pied, depuis le parking de la Druise, sur la route des gorges, en environ trente minutes de descente sur un chemin escarpé, qu'il faudra remonter. Le pied de la cascade est à 467 mètres d'altitude, contre 727 au village. C'est une randonnée courte mais réelle, pas une halte de bord de route, à éviter après une grosse pluie.

Il y a une seconde cascade sur la commune, et personne n'en parle. Le ruisseau de Corbières, qui marque la limite est du territoire sous les ravines du Vellan, se déverse dans la Gervanne par la cascade de la Pissoire, haute de 23 mètres. Son nom vient du mot pis, qui désigne une haute cascade tombant en pluie fine, en queue de comète. Les ruisseaux sont d'ailleurs l'ossature de la commune. La limite est suit le Corbières, la Pissoire, puis la Druise, puis les ravines des Versannes, juste après le château. La limite ouest suit le ruisseau des Combes depuis le col de Bacchus, à 980 mètres, jusqu'à Brudoux, puis le Rieussec jusqu'à Beaufort-sur-Gervanne. Une commune bornée par ses ruisseaux, comme au Moyen Âge.

Le château de Montrond et les deux seigneuries

Le château de Montrond, à l'est du village, au-dessus de la vallée de la Gervanne, s'est longtemps appelé la Bâtie de Baix. Il remonte au 12e siècle, il est propriété privée et ne se visite pas. Il porte son nom actuel depuis 1862, quand les derniers seigneurs, les Mont-rond, l'ont cédé à Louis Bouttard, et le nom des vendeurs est resté sur la maison. L'IGN a posé un repère sur le sommet de sa tourelle d'angle, à 714,9 mètres, une quinzaine de mètres au-dessus du terrain.

Ce château n'est pas seul, parce que la commune actuelle est faite de deux seigneuries qui ont coexisté pendant cinq siècles. Baix tenait la partie nord, le Vellan et le plateau jusqu'à l'église. La Bâtie-de-Baix tenait la partie orientale et relevait du fief des évêques de Die. La terre de Baix passe des Brion aux Suze, puis en 1289 elle est échangée aux comtes de Valentinois contre celle de La Roche-sur-Grane, à trente kilomètres de là. En 1419, les comtes lèguent leurs terres au dauphin de France, l'acte qui fait entrer un village de montagne dans le domaine royal. Suivent les Caqueran, les Bertrand, les Forest, les Du Puy de Villefranche, puis vers 1650 Charles d'Arbalestier et enfin les Mont-rond. La Bâtie, elle, va des Raynaud aux Cornilhan en 1341, puis aux Eurre par mariage vers 1550.

Vue générale du château de Montrond et de ses dépendances vers 1910
Le château de Montrond et ses dépendances, vers 1910. Le bâtiment et sa tourelle d'angle sont toujours là ; les dépendances ont changé d'usage. Photo Médiathèques Valence Romans agglomération, sans restriction connue, via Wikimedia Commons.

Baix veut dire la rivière

Le nom de la commune est l'un des plus lisibles du département une fois qu'on a la clé. Plan veut dire plateau, et Baix veut dire la rivière, ici la Gervanne, qui coule au pied d'une haute falaise taillée à pic. Le plateau au-dessus de la rivière. La chaîne des attestations raconte la géographie, Bais en 1178, castrum de Bays en 1260, puis « Bays en la montagne » en 1395 et « Baix aux montaignes » en 1441, l'année où apparaît aussi le « Prioré de Nostre Dame de Baix aux Montaignes ». Le mot plan n'arrive qu'en 1516, sous la forme latine planum Banii, puis « lou Plain de Baiz » en 1529, et le nom moderne se fixe au 19e siècle.

Le même mot que dans Roubaix

L'étymologie proposée rapproche Baix du bach germanique, le ruisseau, et de toute une série de noms d'eau fréquents en Suisse allemande. Roubaix, en latin Rosbacum, est le ruisseau des roseaux, exactement le Rossbach allemand, et Marbaix le ruisseau des marais. Un village du Vercors et une ville du Nord portent, sans le savoir, le même mot.

Chef-lieu de canton en 1790

En 1790, Plan-de-Baix devient chef-lieu d'un canton du district de Crest, comprenant Le Cheylard, Eygluy, Gigors, Omblèze et Plan-de-Baix. La réorganisation de l'an VIII en fait une simple commune du canton de Crest-Nord, et elle l'est restée. Sous la Terreur, l'ancien seigneur, Paul Alexandre de Mont-rond, est arrêté une nouvelle fois, puis libéré après la chute de Robespierre. Il n'a donc pas été exécuté, et sa famille a conservé le château jusqu'en 1862. Le village lui-même a changé de nom en cours de route. Au 19e siècle, l'appellation Baix-aux-Montagnes, celle du bourg, est remplacée par le nom de l'ancienne seigneurie, Plan-de-Baix. Un village qui prend le nom du fief qui le dominait, quatre-vingts ans après l'abolition des fiefs.

La compagnie Morin et le bombardement de juin 1944

Le rebord occidental du Vercors a été, pendant l'Occupation, une zone de maquis, et Plan-de-Baix n'y a pas échappé. La compagnie Morin a structuré puis fédéré la résistance des gens du pays, et la commune a été bombardée par l'aviation allemande en juin 1944, dans les semaines qui suivent le verrouillage du plateau par la Résistance.

Six noms sur un monument

Un monument à la mémoire de Camisir Ezingeard, Michel Prunet, Jean-Marc Neter, Lionel Giraud, Bernard Giraud et René Schmitt, morts pour la France en 1944, se dresse dans le village, à côté du monument aux morts communal. Six noms pour un village qui comptait alors quelques centaines d'habitants, et deux d'entre eux portent le même patronyme. Les deux monuments sont en accès libre, sur la place.

Un marché et une école pour 162 habitants

Le village

  • Marché de producteurs le vendredi de 9h à 12h, place de la Mairie, d'avril à décembre
  • Mairie 1 place de la Mairie, le jeudi et le vendredi de 9h à 12h, 04 75 76 42 31
  • École une école primaire publique
  • Commerces aucun commerce permanent, aucune station-service
  • Camping à la ferme de la Sauzy, six emplacements, relais équestre
  • Fêtes communale le dimanche avant le 22 janvier, patronale le dimanche avant le 24 juin

La fête communale en janvier est ce qui frappe le plus. Dans un département où l'immense majorité des villages fêtent entre juin et septembre, celui-ci se réunit en plein hiver, sur un plateau dont certaines routes ne sont pas déneigées. C'est une fête d'habitants, pas de visiteurs, et cela se voit à la date.

Le village a deux édifices religieux, ce qui est la signature de la vallée de la Drôme, l'église Notre-Dame, au hameau de La Combe, dont le clocher culmine à 702 mètres d'après le repère de l'IGN, et le temple protestant, rattaché à l'association évangélique de Plan-de-Baix, qui accueille ponctuellement les cérémonies du dimanche. Le prieuré médiéval, Notre-Dame de Baix aux Montagnes, dépendait quant à lui du prieuré clunisien de Saint-Marcel-lès-Sauzet, à quatre-vingts kilomètres de là, près de Montélimar. L'habitat est dispersé, et il l'a toujours été, dix-neuf lieux-dits nommés sur dix-neuf kilomètres carrés, dont quatre attestés dans les textes anciens, Baix dès 1178, la Bâtie dès 1332, les Perrins en 1548 sous la forme « le fort des Perrins », et les Chabats en 1653.

Le village hors zonage et le rocher tout protégé

Un kilomètre sépare le village de la croix du Vellan, et ils ne relèvent pas des mêmes protections. Le parc naturel régional du Vercors, créé le 16 octobre 1970, couvre tout, y compris le bourg. Le reste s'arrête aux reliefs. Le site Natura 2000 « Gervanne et rebord occidental du Vercors », 18 150 hectares désignés le 31 décembre 1998, suit la rivière et la falaise, et la zone d'intérêt écologique de type 1 « Gorges d'Omblèze, Gervanne, plateau et rocher de Vellan », 1 995 hectares, couvre le rocher et la Druise mais pas le village. Le paysage est celui d'un pays d'élevage de montagne, trois quarts de forêt et un cinquième de prairies, et il n'a pratiquement pas bougé en une génération.

La carte des lieux

La cascade de la Pissoire n'est pas placée sur la carte, elle se trouve sur le ruisseau de Corbières, à l'est, sous les ravines du Vellan. Les vestiges de l'oppidum et du château médiéval du Vellan ne sont pas non plus localisés au point près.

Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.

Venir à Plan-de-Baix

La commune est traversée par la route départementale 70, qui conduit à l'abbaye de Léoncel puis à Saint-Jean-en-Royans, l'un des passages entre la vallée de la Drôme et le Royans. Attention en hiver, une partie des routes de la commune n'est pas déneigée, et c'est signalé sur place. Gigors-et-Lozeron est limitrophe et demande trente-neuf minutes, parce que la limite passe sur les crêtes et qu'il faut redescendre toute la Gervanne pour y aller.

Temps de trajet par la route depuis la mairie de Plan-de-Baix, moteur OSRM sur le réseau OpenStreetMap, hors trafic et hors fermeture hivernale.
DestinationDistanceTemps
Omblèze (limitrophe)8,9 km16 min
Le Chaffal (limitrophe)11,1 km15 min
Eygluy-Escoulin (limitrophe)14,6 km16 min
Beaufort-sur-Gervanne (limitrophe)11,0 km20 min
Gigors-et-Lozeron (limitrophe)18,1 km39 min
Crest27,1 km31 min
Die39,3 km46 min
Gare de Valence TGV, à Alixan42,2 km46 min
Romans-sur-Isère41,7 km47 min
Valence43,3 km48 min
Montélimar61,6 km1 h 10

Questions fréquentes

Comment accède-t-on à la chute de la Druise ?

À pied seulement, en une trentaine de minutes de descente sur un chemin escarpé depuis le parking de la Druise, sur la route des gorges d'Omblèze. La cascade fait 72 mètres de haut et se trouve sur la limite entre Plan-de-Baix et Omblèze, à 467 mètres d'altitude, soit 260 mètres sous le village. Chaussez-vous en conséquence et n'y allez pas après une grosse pluie.

Qu'est-ce que le Vellan ?

Le rocher qui domine le village, reconnaissable à la croix de fer de onze mètres plantée à son sommet depuis 1934. Le repère de l'IGN posé au centre de cette croix donne 959 mètres. Le plateau porte les vestiges d'un oppidum gaulois, puis d'un château fort et d'un prieuré médiévaux dont on distingue encore le rempart et le fossé. Une table d'orientation est installée à côté de la croix.

Y a-t-il des commerces à Plan-de-Baix ?

Pas de commerce permanent, mais un marché de producteurs le vendredi de 9h à 12h sur la place de la Mairie, d'avril à décembre. Pour 162 habitants à 727 mètres d'altitude, c'est déjà remarquable, et la commune a gardé une école primaire publique. La mairie ouvre le jeudi et le vendredi de 9h à 12h.

Pourquoi ce village s'appelle-t-il Plan-de-Baix ?

Plan veut dire plateau, et Baix veut dire la rivière, ici la Gervanne. Le nom employé jusqu'au 19e siècle était Baix-aux-Montagnes, attesté dès 1441. La forme latine planum Banii apparaît en 1516, et lou Plain de Baiz en 1529. Le village porte depuis huit siècles le nom d'un plateau au-dessus d'une rivière, ce qu'il est.

Plan-de-Baix a-t-elle été chef-lieu de canton ?

Oui, entre 1790 et l'an VIII. Le canton du district de Crest dont elle était le chef-lieu comprenait Le Cheylard, Eygluy, Gigors, Omblèze et Plan-de-Baix. La réorganisation de 1800 en a refait une simple commune du canton de Crest-Nord.

Que s'est-il passé ici en juin 1944 ?

Le village a été bombardé par l'aviation allemande. Pendant la guerre, la compagnie Morin avait structuré puis fédéré la résistance locale dans ce secteur du rebord occidental du Vercors. Un monument porte les noms de six hommes morts pour la France en 1944, à côté du monument aux morts, au centre du village.

Nos sources

  • Croix du Vellan en bois au 19e siècle puis en fer de 11 m depuis 1934, panorama, château de Montrond du 12e siècle en propriété privée, col de Bacchus vers Léoncel : site de la communauté de communes, page de la commune, consulté le 13 septembre 2026. https://www.gervanne-sye.com/plan-de-baix/
  • Chute de la Druise de 72 m sur la limite d'Omblèze et de Plan-de-Baix, accès en environ trente minutes de marche : Wikipédia, article « Chute de la Druise ». https://fr.wikipedia.org/wiki/Chute_de_la_Druise
  • Cascade de la Pissoire, limites par les ruisseaux, attestations du nom de 1178 à 1529, étymologie de plan et de Baix, oppidum et château du Vellan, seigneuries de Baix et de la Bâtie, hameaux attestés, canton de 1790, Mont-rond sous la Terreur, cession du château en 1862, compagnie Morin et bombardement de 1944, fêtes communale et patronale : Wikipédia, article « Plan-de-Baix », et dictionnaire topographique du département de la Drôme, consultés le 25 août 2026. https://fr.wikipedia.org/wiki/Plan-de-Baix
  • Marché de producteurs du vendredi de 9h à 12h, place de la Mairie, d'avril à décembre : agenda de Vallée de la Drôme Tourisme, consulté le 13 septembre 2026. https://www.valleedeladrome-tourisme.com/
  • Adresse, téléphone et horaires de la mairie : annuaire de l'administration, consulté le 13 septembre 2026. https://lannuaire.service-public.fr/
  • Parc naturel régional du Vercors, site Natura 2000 « Gervanne et rebord occidental du Vercors » de 18 150 ha, zone de type 1 « Gorges d'Omblèze, ruisseau de la Gervanne, plateau et rocher de Vellan » de 1 995 ha, et absence de ces zonages sur le village : API Carto de l'IGN, couches nature. https://apicarto.ign.fr/api/doc/nature
  • Altitudes du village, de la chute de la Druise et de l'église, repères géodésiques de la croix du Vellan à 959 m, de la tourelle du château à 714,9 m et du clocher à 702,3 m : Géoplateforme de l'IGN, modèle RGE Alti et fiches de repères. https://geoservices.ign.fr/rgealti
  • Table d'orientation, école, camping à la ferme et relais équestre, lieux-dits, monument aux morts : OpenStreetMap. Distances routières : moteur OSRM depuis la mairie. https://www.openstreetmap.org/copyright
  • Noms des six hommes du monument de la Résistance et panneau de route non déneigée : Wikimedia Commons, catégorie « Plan-de-Baix ». https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Plan-de-Baix

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