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Saint-Julien est un village de 264 habitants perché à 914 mètres, au nord du plateau, là où la route des gorges de la Bourne arrive de Grenoble. Les trois quarts de la commune sont en forêt. Au centre, une place avec sa fontaine et un café ouvert depuis 1867. Autour, des falaises d'escalade, deux arches naturelles et les ruines d'un château.
Déjeuner sous les fresques du café Brochier
Le café Brochier s'est installé en 1867 sur la place de la Fontaine, dans l'ancien logement de l'instituteur. En 1912, un peintre ambulant, Louis Guigon, a couvert les murs de la salle de fresques, comme il l'a fait dans d'autres auberges du plateau. Elles sont toujours là, et on les voit en s'asseyant pour déjeuner. Il n'y a ni visite ni billet.
La maison est aujourd'hui café, restaurant et petit hôtel de trois chambres. Le guide Michelin la cite pour une cuisine faite avec les produits du plateau, dont la carte change souvent. Le café ouvre le lundi de 8h à 15h (et le soir en haute saison), le jeudi de 8h à 10h puis de 18h à 22h, et du vendredi au dimanche de 8h à 15h et de 18h à 22h. Il est fermé le mardi et le mercredi. Pour déjeuner, il vaut mieux réserver au 04 75 48 20 84.
L'attaque de la Matrassière en mars 1944
En janvier 1944, l'état-major du maquis du Vercors s'installe dans la ferme Peyronnet, au hameau de la Matrassière. En mars, un parachutage allié est reçu dans le secteur et cent cinquante conteneurs sont cachés dans une grotte de la commune. Le 18 mars 1944, un convoi allemand appuyé par une automitrailleuse monte par les gorges de la Bourne. La ferme est incendiée, les hameaux sont fouillés jusqu'au soir, et sept personnes sont tuées, dont Léon Borel, agriculteur et charron du village, fusillé.
L'état-major part ensuite pour Saint-Martin-en-Vercors, à six minutes, où la République libre du Vercors est proclamée le 3 juillet. L'assaut allemand sur le massif commence le 21 juillet.
Un tour du bourg à pied
L'église Saint-Julien, romane à l'origine, a été presque entièrement reconstruite vers 1658. Son clocher carré porte une cloche de 1773 et une autre de 1893, l'année de l'horloge. Le monument aux morts est adossé à l'église. Sur la place, la fontaine du 19e siècle fait face au café. Plus loin, le village a gardé son travail à ferrer, un bâti de quatre montants où l'on immobilisait bœufs et chevaux pour les ferrer. Presque tous ont disparu ailleurs avec les tracteurs. La stèle de 1944 est à l'entrée sud.
Le nom vient de saint Julien de Brioude, martyr du 3e siècle. Sous la Révolution, en 1793, la commune a porté quelques mois le nom de « Julien la Montagne ».
La Porte du Diable et le château Ravel
La Porte du Diable est une arche de calcaire percée par l'eau, à 902 mètres, au nord-ouest du village. On y va à pied en passant par la source de Moulin Marquis. En chemin, on croise le Chapelet vertébral, une sculpture de pierre de Jérôme Aussibal posée en 2020. Tout près, la grotte des Gaulois, une ancienne résurgence aujourd'hui sèche, ouvre sur la paroi qui domine les gorges de la Bourne. Une seconde arche, celle du Poisson d'Avril, se cache à 1 300 mètres sur les hauteurs de l'est et ne voit presque personne.
Plus au nord, les ruines du château Ravel gardaient les deux entrées du massif, par Choranche et par Rencurel. Toute la commune dépendait du mandement de Ravel, passé des dauphins aux évêques de Die au 13e siècle. Le pan de mur restant montre comment on bâtissait alors, avec deux parements de pierres de taille et un remplissage de matériaux en vrac entre les deux. Le site n'est pas aménagé.
La commune compte aussi une dizaine de grottes et de puits, surtout à l'est. Ils sont ouverts, sans barrière ni panneau, et réservés aux spéléologues équipés. Les puits s'ouvrent parfois au ras du sol dans la forêt, il faut regarder où l'on marche.
Deux falaises pour grimper
La Grande Cornouse aligne des parois de 200 à 300 mètres, avec plus de six kilomètres de voies cumulées. C'est un site de grandes voies pour grimpeurs autonomes. Pour débuter, le rocher de Lolette Colonette ne dépasse pas douze mètres de haut.
Un village qui fait sa fête en février
La fête du village a lieu le premier dimanche de février, en pleine saison de neige. Deux foires marquent le reste de l'année, le 21 juin et le 6 novembre. L'hiver, on vient pour le ski de fond d'Herbouilly, sur la commune voisine de Saint-Martin. Il n'y a ni station-service ni distributeur de billets au village. La pompe la plus proche est à Saint-Martin.
La carte des lieux
Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu. Fond de carte OpenStreetMap.
Venir à Saint-Julien-en-Vercors
Depuis Grenoble, la route passe par les gorges de la Bourne, taillées entre 1861 et 1872. Depuis Valence et Romans, on monte par les Grands Goulets et Saint-Martin. Depuis Die, on passe par le tunnel du col de Rousset. Les trois routes sont des routes de montagne et peuvent fermer l'hiver.
| Destination | Distance | Temps |
|---|---|---|
| Saint-Martin-en-Vercors | 4,1 km | 6 min |
| Échevis | 14,4 km | 17 min |
| Saint-Marcellin (Isère) | 24,7 km | 40 min |
| Romans-sur-Isère | 50,5 km | 51 min |
| Gare de Valence TGV | 53,3 km | 52 min |
| Die | 49,2 km | 54 min |
| Grenoble | 47,0 km | 57 min |
| Valence | 62,9 km | 1 h 01 |
La mairie est au 120 rue de la Bascule (04 75 45 52 23). Elle ouvre le lundi, le mardi, le jeudi et le vendredi de 9h à 12h.
Questions fréquentes
Peut-on voir les peintures murales du café Brochier ?
Oui, en s'y attablant. C'est un café-restaurant en activité, pas un musée. La salle garde ses fresques de 1912. Le café ferme le mardi et le mercredi, le jeudi il n'ouvre que le matin jusqu'à 10h puis le soir, et le lundi il ne sert que le midi hors haute saison.
Que s'est-il passé le 18 mars 1944 à Saint-Julien-en-Vercors ?
Un convoi allemand appuyé par une automitrailleuse est monté par les gorges de la Bourne. La ferme Peyronnet, au hameau de la Matrassière, qui abritait depuis janvier l'état-major du maquis du Vercors, a été incendiée, puis les hameaux ont été fouillés jusqu'au soir. Sept personnes ont été tuées, dont Léon Borel, agriculteur et charron du village. Une stèle rappelle cette date à l'entrée sud du bourg.
Comment aller à la Porte du Diable ?
À pied depuis le village, en partant vers le nord-ouest par la source de Moulin Marquis. L'arche naturelle est à 902 mètres d'altitude, en accès libre et sans aménagement. La sculpture du Chapelet vertébral est sur le même chemin.
La forêt domaniale de Saint-Julien-en-Vercors est-elle sur la commune ?
Non. Elle se trouve sur Saint-Martin-en-Vercors, sur le plateau d'Herbouilly, et tient son nom de la proximité du village. Pour s'y rendre, il faut viser Herbouilly.
Quand a lieu la fête du village ?
Le premier dimanche de février. Deux foires se tiennent aussi le 21 juin et le 6 novembre.
Nos sources
- Café Brochier, horaires, adresse et téléphone : site du café, consulté le 24 septembre 2026. Sélection au guide Michelin. https://www.cafebrochier.com/
- Histoire du village, 18 mars 1944, église, fresques de Louis Guigon, escalade, fête et foires : Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Julien-en-Vercors
- Château Ravel et histoire commune avec Saint-Martin : site de la commune de Saint-Martin-en-Vercors. https://stmartinenvercors.fr/la-commune/patrimoine/
- Mairie : Annuaire de l'administration, consulté le 24 septembre 2026. https://lannuaire.service-public.gouv.fr/auvergne-rhone-alpes/drome/36021031-c111-4741-992d-b11df9fd9753
- Positions des arches, des grottes, de la sculpture et des hameaux : OpenStreetMap. Distances : moteur OSRM. https://www.openstreetmap.org/copyright
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